Sous le slogan choc « Ensemble, bâtissons une capitale propre, saine et durable », l’Agence Nationale de l’Assainissement et de la Salubrité Publique (ANASP) déploie une offensive sans précédent contre l’insalubrité. Portée par le Ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures (MAHH), la stratégie « Conakry Propre 2040 » ne se contente pas de nettoyer : elle veut transformer les mentalités.

Une campagne tous azimuts est en cours. Caravanes dans les quartiers, animations porte-à-porte, spots radio et TV, affiches géantes, mobilisation des leaders communautaires… La campagne frappe fort sur tous les fronts. Son objectif ? Installer de nouveaux réflexes : ne plus jeter dans les fossés, s’abonner aux PME de pré-collecte, trier ses déchets, respecter les points de regroupement.

« L’assainissement est une affaire collective. Chaque citoyen doit contribuer, notamment par la sensibilisation et la participation aux campagnes de nettoyage. Les femmes, les jeunes et les associations locales jouent un rôle essentiel pour que les efforts ne soient pas isolés mais organisés et suivis. Nous sommes engagés sur le terrain pour sensibiliser contre l’insalubrité. L’objectif est de protéger la santé publique et de renforcer la responsabilité partagée. Les collecteurs et les structures locales doivent être impliqués afin que les solutions soient durables et que l’action ne se limite pas à des promesses », déclare Malick Sylla, président de l’ONG Guinée Actions et Solutions.

À Matoto Marché, Fatoumata Dramé, salue l’initiative : « Nous saluons vivement votre initiative. Vous avez vu ici, nous sommes à côté d’un grand fossé qui draine l’eau. Comme il a plu hier c’est pourquoi vous n’avez pas trouvé des ordures. C’est là-bas que tout le monde vient jeter les ordures. Et les ordures sont sources de moustiques et donc maladies. Votre sensibilisation sur l’abonnement aux PME de collecte d’ordures nous saluons ceci, parce que cela fera que les citoyens cessent de jeter les ordures ici. »

Même ton du côté de Fatoumata Camara, administratrice du marché Matoto Parc : « Nous devrions nous donner la main afin de pouvoir lutter contre les ordures dans notre milieu. Ceux qui mettent les ordures dans des plastiques, puis aller les jeter dans les fosses ou au bord de la route doivent désormais changer la manière de faire. Sur l’initiative de nos dirigeants, des PME de collecte d’ordures sont là pour que les ménages, les particuliers s’abonnent afin que les gens cessent de jeter les ordures partout. »

Mamadi Ngamè Conté, point focal de l’ONG Guinée Actions et Solutions, pointe un autre angle : « Nous avons constaté que l’état des routes et des quartiers reste une préoccupation majeure. Les habitants demandent des actions concrètes pour améliorer la circulation et l’environnement immédiat. L’assainissement doit accompagner ces efforts afin que les infrastructures soient durables et que la vie quotidienne soit facilitée. »

Avec “Conakry Propre 2040”, la barre est haute : une capitale propre, saine et résiliente dans 14 ans. Mais le chemin est semé d’embûches : manque de moyens, comportements incrustés, coordination entre acteurs.

Reste que le message est clair : « Le changement commence avec moi. » Et si chaque Conakryka s’y mettait vraiment, 2040 pourrait bien être l’année où Conakry respirerait enfin.

A-Tchol pour Billetdujour.com