Dans un secteur minier africain en quête de valeur ajoutée, la transformation locale des ressources minérales s’impose désormais comme une condition incontournable. La Guinée porte notamment cette dynamique dans sa filière bauxite, avec le lancement récent de nouvelles raffineries d’alumine.
La stratégie visant à développer de nouvelles usines d’alumine étant désormais engagée, la Guinée envisage déjà d’aller plus loin dans la valorisation de sa filière bauxite, avec la construction d’une usine d’aluminium. À cet effet, le gouvernement recherche des investisseurs pour concrétiser cette ambition, comme l’a rapporté lundi 25 mai Bloomberg, citant le ministre des Mines, Bouna Sylla (photo).
Premier producteur mondial de bauxite, la Guinée mène depuis plusieurs années une politique visant à accélérer la transformation locale dans cette filière. Cette orientation enregistre des avancées ces derniers mois, avec l’annonce d’investissements portés par des compagnies chinoises dans trois nouvelles raffineries d’alumine, un produit issu de la transformation de la bauxite et dont le raffinage permet d’obtenir de l’aluminium. Le développement, dès à présent, d’une unité de production de ce métal traduit ainsi la volonté de Conakry de valoriser pleinement sa bauxite sur le plan local.
« Pour nous, la transition de l’alumine à l’aluminium est inévitable », a ainsi déclaré le responsable.
Au-delà de la simple volonté d’accélérer l’industrialisation du secteur, cette ambition peut aussi s’expliquer par la forte valeur ajoutée qu’offre cette montée en gamme. Selon le Shanghai Metals Market (SMM), le prix de la bauxite s’affichait lundi soir autour de 67 USD la tonne, contre 347 USD la tonne pour l’alumine, tandis que l’aluminium atteignait environ 3 162 USD la tonne.
D’un point de vue économique, la production locale d’aluminium pourrait donc s’avérer déterminante pour le pays ouest-africain, même si le chemin pour y parvenir reste encore incertain à ce stade. Au-delà de la sécurisation d’investisseurs intéressés par la mise en œuvre d’un tel projet en Guinée, sa concrétisation nécessitera également la réalisation d’études de faisabilité visant à en démontrer la viabilité économique.
La question de l’approvisionnement énergétique demeure notamment centrale dans ces dynamiques, alors que près de la moitié de la population guinéenne n’avait toujours pas accès à l’électricité en 2023, selon la Banque mondiale. La production d’aluminium est en effet particulièrement énergivore, ce qui peut impacter la viabilité d’un projet. Au Mozambique, les difficultés liées à la sécurisation d’un approvisionnement électrique stable et abordable ont par exemple conduit l’australien South32 à placer son usine d’aluminium Mozal en régime de maintenance en mars dernier.
Via Agence Ecofin





































