Réunis en début d’après-midi à la Maison de la Presse de Guinée, les membres du Collectif des Personnes Handicapées Diplômées (CPHD) ont lancé un appel solennel à travers une conférence de presse aux plus hautes autorités du pays pour que l’État transforme ses engagements en actions concrètes en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap diplômées. Placée sous le thème « Derrière chaque handicap, il y a un diplôme, un rêve et une dignité », la conférence a été animée par M. 

Vévé Koivogui, président du CPHD, entouré des représentants de la Fédération guinéenne pour la promotion des personnes handicapées (FEGUIPAH).

« Nous affirmons l’état d’alerte maintenant pour garantir notre droit à l’emploi », a déclaré M. Koivogui, rappelant que les personnes handicapées diplômées ont souvent franchi des obstacles physiques, sociaux et financiers pour obtenir leurs diplômes, sans toutefois trouver d’emploi. « Ce n’est pas une révolte, mais un appel républicain fondé sur la justice sociale, la dignité humaine et l’égalité », a-t-il insisté.

Les intervenants ont évoqué les engagements internationaux et nationaux ratifiés par la Guinée, notamment la convention de l’OIT/Organisation internationale de travail et la Convention relative aux droits des personnes handicapées et exigé leur application effective dans la politique d’emploi publique. Le CPHD demande une intégration par voie dérogatoire, rappelant des précédents d’engagements à la fonction publique en 2000, 2005, 2008 et 2019.

François Dopavogui, président de la FEGUIPAH, a souligné les conséquences sociales du chômage chez les personnes handicapées : exclusion, perte de dignité, impossibilité de fonder une famille. « Le bonheur s’acquiert à partir d’une source de revenus », a-t-il dit, appelant les autorités à créer les conditions permettant aux diplômés handicapés d’accéder au premier emploi et de vivre dignement.

Nancy Rose Crespin, chargée du plaidoyer emploi au sein de la FEGUIPAH, a rappelé que le dernier arrêté d’engagement à la fonction publique date du 3 juillet 2019 et que depuis, des dossiers s’accumulent sans suite. Elle a demandé au Président de la République, au Premier ministre et à la ministre en charge de la Femme, de la Famille et de la Solidarité d’intervenir pour débloquer la situation et faire de l’emploi des personnes handicapées une priorité dans la feuille de route nationale, notamment dans le cadre de la Vision Simandou 2040.

Les orateurs ont insisté sur le refus de la charité et la revendication d’une reconnaissance de compétences : « Les handicaps n’enlèvent ni l’intelligence, ni le patriotisme », a déclaré M. Koivogui. Le collectif exige la mise en œuvre des lois et conventions ratifiées, la prise en compte des quotas ou mesures dérogatoires déjà appliquées par le passé, et la facilitation des conditions de travail et d’accès aux concours et postes publics.

Pour clore la conférence, les représentants ont annoncé l’envoi prochain d’une lettre officielle au parrain national des personnes handicapées et aux plus hautes instances de l’État pour présenter leurs revendications et demander un calendrier d’application. Ils ont également invité la presse et la société civile à relayer leur appel afin d’accélérer les décisions politiques nécessaires.

A-Tchol pour Billetdujour.com