Les femmes rurales d’Afrique vivent un double désavantage, révèle le dernier Profil Panafricain d’Afrobarometer publié à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme Africaine. Basé sur 50 961 entretiens menés dans 38 pays en 2024‑2025, le rapport met en lumière des écarts profonds entre sexes et territoires qui sapent l’autonomie économique et sociale des femmes.
Sur l’ensemble des pays sondés, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à atteindre l’enseignement secondaire ou supérieur (54% contre 62%) et à occuper un emploi rémunéré (25% contre 39%). Mais ces inégalités s’aggravent loin des villes : les femmes rurales sont plus de deux fois plus susceptibles de n’avoir aucune éducation formelle (26% contre 12%) et nettement moins susceptibles de posséder des actifs essentiels. Posséder un téléphone, un compte bancaire ou un ordinateur reste une exception pour beaucoup ; les écarts entre femmes urbaines et rurales atteignent parfois 20 points ou plus, selon Afrobarometer.
Les conséquences sont concrètes, dit-on : moindre accès au crédit, invisibilité numérique, dépendance financière accrue et capacité réduite à décider de l’usage des revenus. En moyenne, seulement 36% des femmes déclarent prendre elles‑mêmes les décisions sur leurs ressources, contre 44% des hommes; les femmes rurales ont encore moins de marge de manœuvre.
Pourtant, le rapport offre une lueur d’espoir politique : les femmes rurales déclarent des niveaux de participation civique, notamment le vote et l’affiliation à un parti, souvent supérieurs à ceux de leurs homologues urbaines. Ce constat ouvre une piste : renforcer l’accès aux services et aux actifs dans les zones rurales pourrait transformer une participation déjà élevée en pouvoir réel et représentation durable.
Afrobarometer appelle donc à des politiques ciblées qui réduisent le fossé urbain‑rural, en faveur d’un développement inclusif où la voix des femmes rurales compte autant que leur vote.
Transcription Billetdujour.com



































