Ce jeudi 17 mars 2022, le Centre du commerce international pour le développement (CECIDE) avec le financement de la Fondation Open Society Initiative for West Africa (OSIWA ) a organisé un atelier de validation d’une étude faite sur les impacts des opérations de l’exploitation minière à petite échelle sur la santé humaine et les moyens de subsistance de la communauté de l’Afrique de l’ouest ( Guinée, Mali et Ghana). Les échanges ont été tenus dans un complexe hôtelier de Conakry en présence des représentants de la société civile, du ministère des Mines et de la Géologie, de l’Environnement , de l’Administration du territoire et de la décentralisation,…Le cas de la République de Guinée a été au centre des débats. L’objectif vise à amender et valider les trois études citées un peu plus haut pour le bonheur du développement communautaire à la base.
Situant le contexte, le Directeur exécutif par interim du CECIDE, Aboubacar Diallo a fait savoir que cet atelier de validation des études portées sur la Guinée a trois étapes : les études sur les lacunes des lois, les politiques et les réglementations environnementales régissant les opérations de l’exploitation minière à petite échelle en Gunée, au Mali et au Ghana; les impacts des opérations de l’exploitation minière à petite échelle sur la santé humaine et les moyens de subsistance de la communauté en Guinée, au Mali et au Ghana; évaluation des violations de droits de l’homme et de labsécurité des communautés résidentesbdans les localités d’exploitation minière artisanale, aurifère à petite échelle au Mali, au Ghnana et en Guinée.Abordant les défis dans l’exploitation minière en Guinée, le Directeur exécutif par intérim du CECIDE a cité la nécessité d’organiser davantage le secteur de l’exploitation de l’or , répondre aux impacts liés à l’environnement , à l’utilisation des produits chimiques toxiques et nocifs à la santé humaine et même à celles des animaux , l’atteinte aux droits alimentaires ,…
Pour relèver ces défis , le CECIDE, une organisation de la société civile guinéenne créée en 2000 et qui a pour objectif, rappelle M.Diallo de défendre et promouvoir les droits des communautés à la base mais aussi les prises en compte dans la définition et la mise en place des politiques publiques a sollicité un appui financier d’OSIWA en consontuim avec le Fond pour le développement social (FDS) du Mali et du Centre d’étude des impacts environnementaux du Ghana qui assure le lead même de ce projet.« Ensemble, nous avons élaboré un projet soumis à OSIWA pour ces trois études . Nous l’avons fait parce qu’il y avait les défis cités plus haut. En plus, c’est pour comprendre l’étendue de violation des droits de l’homme et des problèmes de sécurité associés aux opérations de l’exploitation artisanale de l’or, avoir des données de base sur les effets des opérations d’exploitation artisanale à petite échelle sur la santé et les moyens populations riveraines en Guinée enfin, nous cherchons à promouvoir les opérations de l’exploration artisanale en assurant un partage maximum des avantages , faire l’état des lieux de la situation sanitaire, des exploitations , faire une analyse exhaustive des conditions de vie des acteurs et des communautés afin de disposer d’une appréciation objective les moyens de subsistance, faire la revue documentaire pour analyser les lacunes et l’efficacité du cadre juridique réglementaire et politique régissant les activités de l’exploitation artisanale aurifère.
Procédant à l’ouverture, Madame Mara Fatoumata Binta Diallo du ministère des Mines et de la Géologie a relevé : « L’activité minière artisanale en Guinée constitue pour nombre des populations , un moyen de subsistance, un confort, une source de revenu complémentaire leur permettant d’améliorer leur niveau de vie. Les impacts négatifs de cette activité sur le cadre général de vie notamment l’environnement social ou géographique, sur la sécurité et la santé doivent être identifiés, largement discutés et parfaitement connues», a-t-elle dit.Les effets, poursuit madame Mara sont particulièrement negatifs pour les femmes et les enfants qui sont les victimes du système. « L’exploitation irrationnelle et non responsable conduit à une dégradation de l’environnement physique et à un apprauvissement incontrôlé des ressources naturelles. Néanmoins, ce secteur d’activités bien que le plus souvent de nature informel représente un volet non négligeable de l’économie nationale», a soutenu la déléguée du ministère des Mines et de la Géologie.
Une meilleure gestion , a-t-elle ajouté devrait aider à utiliser cette activité comme moteur de développement régional. « Les défis sont l’amélioration du cadre regulementaire et légal , l’organisation du secteur intégrant les techniques afin d’orienter une part les revenus réalisés vers des activités qui s’inscrivent dans le temps. Pour résoudre ces difficultés, le CECIDE a réalisé ainsi ces trois études en 2021 qui sont au centre des échanges du jour », a noté Madame Mara.
Présent à la rencontre, cet acteur de la société , Mohamed Condé a estimé que l’initiative du CECIDE est à saluer. « Mais telle que soit l’engagement des citoyens et la force de la société civile sur le terrain, si l’État n’a pas la volonté poltique d’appliquer les textes juridiques, sanctionner notamment les manquements, l’objectif de faire bénéficier les populations des ressources naturelles ne sera pas réussi » , a estimé l’activiste.Après plusieurs heures d’amendements et propositions, les participants ont formulé les recommandations suivantes : Faire un plaidoyer pour l’adoption des textes d’application du code minier et celui de l’environnement, notamment sur les questions de l’exploitation artisanale minière de l’or ; associer et impliquer le ministère de l’Environnement dans l’élaboration et l’application des textes qui encadrent l’exploitation minière artisanale de l’or; élaborer un texte réglementaire précisant le contenu de la notice d’impact en matière d’exploitation artisanale de l’or en précisant la réhabilitation du site, le suivi et l’évaluation, et la désignation des personnes à qui incombera cette obligation; assurer la cohérence des textes et droits coutumiers en développant un nouveau texte régissant les rôles des instances étatiques et traditionnelles dans la gestion des parcelles; introduire un régime d’exploitation semi-mécanisée pour différencier l’exploitation purement artisanale avec l’exploitation à petite échelle plus mécanisée :Transformer la Division Exploitation Artisanale en Agence Nationale de Contrôle de l’Exploitation Artisanale, renforcer les capacités des Directions Préfectorales des Mines et de la Brigade Anti-Fraude des Matières Précieuses, la rédaction des textes d’application du code minier relatifs au sous-secteur encore manquants et corriger les incohérences les textes existants ; faire de la sensibilisation soutenue sur les dangers de l’utilisation du mercure, …
Moubaillo Diallo pour Billetdujour.com





































