Alioune Tine, défenseur des droits de l’homme, a vivement réagi aux récentes arrestations d’opposants et d’activistes au Sénégal, qualifiant ces mesures « d’arbitraires » et appelant à leur « libération immédiate et sans condition ». 

Dans un communiqué rendu public, il a rappelé que la liberté de manifestation est reconnue par la Constitution sénégalaise sur toute l’étendue du territoire national.

Tine a notamment dénoncé l’arrêté signé par Ousmane Ngom qui interdit les manifestations en ville, une mesure que l’opposition et la société civile contestent depuis 2012. Pour le défenseur des droits, cet arrêté restreint de façon illégitime un droit constitutionnel et doit être abrogé sans délai.

Parmi les personnes détenues, Alioune Tine cite Thierno Bocoum, Babacar Ba, Abdou Karim Guèye ainsi qu’une quinzaine d’autres acteurs politiques et militants. « Ces arrestations et détentions sont arbitraires », affirme-t-il, estimant qu’elles visent à museler la dissidence et à dissuader toute mobilisation citoyenne.

Il demande la remise en liberté immédiate de ces personnes et rappelle que la surveillance des procédures et le respect des droits fondamentaux sont indispensables pour préserver la crédibilité des institutions.

La prise de position intervient le 29 juin, jour où la majorité parlementaire a adopté unilatéralement une révision constitutionnelle, une décision qui, selon Alioune Tine, alimente le mécontentement populaire. « Il n’y a rien de plus naturel que des citoyens manifestent pacifiquement leur réprobation », souligne-t-il, en insistant sur la nécessité pour les autorités de garantir le droit de manifester et d’ouvrir un dialogue inclusif avec la société civile et les formations politiques opposées aux changements constitutionnels.

Les organisations de défense des droits humains et plusieurs partis d’opposition avaient déjà exprimé leur inquiétude face aux restrictions de l’espace public et aux suites pénales infligées à des militants. La déclaration d’Alioune Tine ajoute une voix influente à ces demandes et pourrait relancer la pression nationale et internationale sur le gouvernement pour une réévaluation des mesures répressives.

Les prochaines heures seront déterminantes : les ONG et réseaux de défense des droits humains appellent à la surveillance des procédures judiciaires et à la mobilisation pacifique pour obtenir la remise en liberté des détenus. Les autorités, elles, n’ont pas encore commenté la déclaration d’Alioune Tine au moment de la publication de cet article.

Dassassa pour Billetdujour.com