Le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne a tenu une rencontre de travail consacrée aux recommandations issues de la dernière validation de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) en Guinée. Cette réunion intervient à la suite d’une séance du conseil de supervision de l’ITIE présidée par le Premier ministre, au cours de laquelle des engagements ont été pris pour renforcer l’espace civique et la participation citoyenne.
Selon Gabriel Haba, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne, cette dynamique ouvre une nouvelle phase de plaidoyer auprès des autorités. Il estime que la société civile doit contribuer à l’élaboration d’un document commun destiné au chef du gouvernement, afin de faire remonter les préoccupations liées à la gouvernance participative et à la transparence dans le secteur extractif. Il souligne aussi que la société civile n’est pas un adversaire de l’État, mais son premier partenaire dans la consolidation de la gouvernance publique.
La réunion vise à identifier les points faibles relevés lors de la dernière évaluation de la Guinée, notamment la réduction de l’espace civique, la transparence des paiements infranationaux et la question de la propriété effective des entreprises extractives. Ces sujets figurent parmi les exigences suivies par l’ITIE, qui impose la divulgation des paiements significatifs, des revenus perçus et de plusieurs données contextuelles sur la production, les exportations et les retombées économiques du secteur.
Abdoulaye Soumah, géologue et membre de la communication de l’ITIE Guinée, a rappelé que la dernière validation a mis en évidence plusieurs insuffisances à corriger. Il cite notamment l’accès limité à l’information, l’absence de consensus sur certains paiements infranationaux et l’inachèvement du projet de loi sur la propriété effective. Il évoque aussi la publication des coûts d’exploration et d’exploitation, désormais exigée par la norme ITIE 2023, mais encore peu appliquée par plusieurs pays, dont la Guinée.
La société civile entend donc formuler des mesures correctives concrètes, dans un délai jugé contraignant par les acteurs du dossier. Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse la seule conformité technique : il s’agit de renforcer la redevabilité, d’améliorer la gouvernance du secteur extractif et de faire en sorte que les revenus miniers bénéficient davantage à l’ensemble des citoyens.
Cette rencontre illustre une volonté commune de rapprocher l’État, l’ITIE et la société civile autour d’un même objectif : restaurer la confiance, corriger les manquements et consolider une gouvernance extractive plus transparente en Guinée.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































