À l’approche du rapatriement des restes de l’Almamy Bocar Biro Barry, figure majeure de la résistance anticoloniale guinéenne, l’ancien Premier ministre Kabiné Komara sort du silence et appelle à un hommage à la hauteur du sacrifice du héros national.
Dans une tribune engagée, Kabiné Komara salue d’abord « la perspicacité et l’opiniâtreté » des autorités guinéennes, notamment le ministre de la Culture Moussa Moïse Sylla et l’éditeur Sansy Kaba Diakité, pour avoir permis la localisation de ces restes conservés dans les réserves de musées français. Pour lui, cette restitution marque une étape importante dans la reconquête de la mémoire nationale.
Mais au-delà de la satisfaction, l’ancien chef du gouvernement insiste sur la portée symbolique de cet événement. Refusant le terme « crâne », qu’il juge réducteur et irrespectueux, il préfère parler de « reliques » ou de « restes », soulignant la dimension sacrée et mémorielle de ce retour. « Ce qui est perçu ailleurs comme de simples trophées revêt pour nous une valeur inestimable, liée au martyr de nos héros », écrit-il.
Kabiné Komara rappelle le rôle historique de l’Almamy Bocar Biro Barry, dernier souverain indépendant du Foutah théocratique, tombé en 1896 lors de la bataille de Porédaka face aux troupes coloniales. Un leader qu’il décrit comme un « résistant intrépide », défenseur de l’unité entre les forces africaines, notamment à travers le soutien reçu de l’Almamy Samory Touré.
Dans son plaidoyer, il appelle les autorités à organiser un rapatriement empreint de solennité et de respect, à l’image des hommages rendus par d’autres nations africaines à leurs héros. Il cite notamment le cas de Patrice Lumumba en République démocratique du Congo, dont les restes symboliques ont été rapatriés en 2022, ainsi que les précédents guinéens, notamment celui de Samory Touré en 1968.
Pour Kabiné Komara, il ne s’agit pas seulement d’un retour physique, mais d’un acte fondateur pour la mémoire collective. « Un pays se construit sur le respect de la mémoire de ses meilleurs fils », rappelle-t-il, appelant à honorer dignement ceux qui ont « versé leur sang pour fertiliser le sol de la patrie ».
À travers cette prise de position, l’ancien Premier ministre place les autorités face à une responsabilité historique : transformer ce moment en un véritable acte de reconnaissance nationale et de transmission aux générations futures.
Transcription Billetdujour.com via Fronteco.net





































