À la veille de l’installation officielle des maires et conseillers communaux élus le 24 mai 2026, la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG) de la préfecture de Pita publie un cahier de charges exigeant à l’intention des nouveaux responsables locaux. Par la voix de son Coordinateur Préfectoral, Mamadou Diouldé Sow, la plateforme félicite les élus tout en posant des exigences fermes sur la gouvernance, la transparence et des priorités sociales urgentes.

« Votre élection traduit la confiance que les populations de nos communes ont placée en vous. C’est un honneur, certes, mais surtout une responsabilité immense », déclare M. Sow, qui prévient que la MAOG accompagnera les élus de bonne foi et exercera son rôle de vigie citoyenne pour ceux qui trahiraient le mandat populaire.

Un retour attendu à la légitimité élective

Demain, 2 juillet 2026, les communes urbaines et rurales de la préfecture de Pita procéderont à l’installation de leurs nouveaux maires et conseils issus du scrutin du 24 mai. La MAOG salue ce « retour attendu à la légitimité élective » après la période des délégations spéciales, mais précise que cette satisfaction s’accompagne d’une vigilance citoyenne permanente et d’une offre de collaboration constructive.

Gouvernance et redevabilité : tolérance zéro

La plateforme exige des conseils communaux qu’ils exercent leurs fonctions dans le strict respect du Code des Collectivités Locales : tenue régulière des sessions, publication des délibérations et organisation d’espaces de dialogue citoyen. Sur le plan financier, la MAOG appelle à une gestion transparente des dotations de l’ANAFIC et avertit que « tout détournement ou mauvaise gestion de fonds publics sera dénoncé avec la plus grande fermeté ».

Trois chantiers prioritaires

La MAOG identifie trois priorités immédiates pour les nouveaux conseils :

État civil : organiser des campagnes mobiles d’établissement d’actes de naissance pour des milliers de citoyens actuellement sans pièces d’identité, afin de garantir l’accès à l’éducation, aux soins et aux services de base.

Assainissement : élaborer des plans locaux d’assainissement pour lutter contre l’insalubrité des marchés, la mauvaise gestion des déchets et l’absence de latrines publiques, en s’appuyant sur des partenariats avec les ONG locales.

Jeunesse : concevoir des politiques locales pour réduire la délinquance juvénile et le chômage des jeunes, notamment par des programmes d’emploi, d’encadrement civique et de participation à la vie communale.

Cohésion sociale et rôle d’apaisement

Dans un contexte post-électoral potentiellement clivant, la MAOG rappelle aux élus leur devoir d’apaisement et de rassemblement. « La commune appartient à tous ses habitants, qu’ils aient voté pour vous ou non », insiste Mamadou Diouldé Sow, appelant la prochaine équipe municipale à faire de la paix sociale un axe transversal de son mandat.

Société civile : partenaire et contre-pouvoir

La publication de ce cahier de charges, la veille de l’installation, traduit selon la MAOG une volonté d’organisation et de mobilisation. « La société civile n’est pas un faire-valoir. Elle est un contre-pouvoir légitime, une force de proposition, et lorsque la situation l’exige, une voix de dénonciation », conclut la plateforme, qui annonce sa présence « à chaque étape » du mandat pour soutenir les actions favorisant le bien commun et interpeller en cas de manquements aux droits des citoyens.

Le message de la MAOG, signé par Mamadou Diouldé Sow (Coordinateur Préfectoral et Président de l’ADC-Pita), place d’emblée la nouvelle équipe municipale sous la pression d’attentes claires de la société civile, alors que s’ouvre une nouvelle page pour la gouvernance locale de Pita.

Transcription Billetdujour.com