Le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) 2025-2026 rassemble 136 639 candidats et marque une rupture nette avec les formats précédents : loin de se limiter à la seule validation des acquis du collège, l’épreuve est désormais conçue comme un vecteur d’éducation civique et de sensibilisation aux enjeux économiques et sociaux du pays, sous l’impulsion du ministre de l’Éducation, Bacar Barry.
Les sujets intègrent des problématiques liées aux projets structurants Simandou 2040 et autres chantiers nationaux, transformant l’examen en un moment pédagogique où l’on apprend autant qu’on évalue.
Cette orientation poursuit deux objectifs affichés. D’une part, aligner l’offre éducative sur les priorités de développement : en faisant connaître aux élèves les grands projets, le ministère entend préparer une jeunesse informée, capable de comprendre et de participer aux transformations du pays. D’autre part, utiliser le BEPC comme un outil d’évaluation du système éducatif lui-même, pour tester la pertinence des contenus pédagogiques face aux défis contemporains et identifier des besoins de réforme. Les sujets ont été conçus pour refléter le vécu des candidats afin d’accroître la pertinence de l’épreuve pour ceux qui n’envisageront pas d’études supérieures.
Mais l’initiative suscite débats et réserves. Des critiques pointent le risque de demander à des collégiens des raisonnements trop proches de projections universitaires ou professionnelles, pouvant dénaturer la mission d’un collège qui doit transmettre un socle commun. Les observateurs redoutent aussi un biais socio-économique : interroger toute une promotion sur des perspectives d’orientation vers l’université peut stigmatiser les élèves des zones rurales, où la poursuite d’études reste limitée.
Enfin, certains jugent cette démarche contradictoire avec la neutralité républicaine que doivent respecter les sujets d’examen.
Sur le plan organisationnel, la session a été placée sous le signe de la rigueur : sécurisation des centres, présence des forces de l’ordre et mise en place d’un secrétariat de correction dès la première journée pour lutter contre la fraude. Au final, le BEPC 2025-2026 reflète la tension nationale : faire de l’école un moteur du développement sans compromettre l’équité et la mission universelle de l’éducation.
Sampalon pour Billetdujour.com




































