La réunion qui s’est tenue lundi 10 août 2026 au ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures pourrait marquer un tournant pour la décharge de Dar‑es‑Salam. Le ministre Aboubacar Camara a réuni l’entreprise chargée de la réhabilitation et les partenaires du projet pour trancher les questions techniques, administratives et sociales avant le démarrage des travaux. Objectif affiché : fermer et réhabiliter un site devenu source majeure de pollution et de nuisances pour les riverains.

Sur le papier, l’avancement est tangible. Les intervenants ont passé en revue le calendrier des opérations, les moyens financiers disponibles, les modalités de déplacement des populations installées illégalement et les garanties environnementales attendues. Le ministre a insisté sur la nécessité d’un pilotage transparent et d’un engagement clair des bailleurs pour éviter les reports qui ont entaché les précédentes tentatives.

Mais la défiance demeure dans les quartiers. Pour les citoyens, l’enjeu est simple : « allons‑nous enfin pouvoir respirer un air non pollué ? » Beaucoup doutent que des réunions répétées suffisent à transformer une promesse en chantier effectif. Les points sensibles restent l’indemnisation et le relogement des familles affectées, la sécurisation du financement et la mise en place d’un suivi indépendant des travaux.

Les partenaires ont annoncé la finalisation prochaine des études techniques et la signature imminente des conventions. Reste à voir si ces annonces se traduiraient rapidement sur le terrain par le démantèlement progressif des dépôts et la mise en œuvre de filières de tri et de valorisation.

La vraie question est politique : l’État montrera‑t‑il la détermination requise pour tenir ses engagements ? Si oui, Conakry pourrait enfin tourner la page d’un site emblématique de la pollution urbaine ; sinon, les mêmes promesses nourriront de nouveaux soupçons et la colère des riverains.

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