Par décret rendu public ce samedi 15 août à la télévision nationale, le Président de la République, Mamadi Doumbouya, a officiellement créé et défini les attributions, l’organisation et le fonctionnement de l’Agence de la Maîtrise de l’Énergie (AME). Établie comme un établissement public administratif doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, l’AME sera placée sous la tutelle technique du ministère en charge de l’Énergie et sous la tutelle financière du ministère des Finances.
Le décret positionne l’AME comme l’outil central de mise en œuvre de la politique nationale en matière d’énergie et d’efficacité énergétique. Parmi ses missions emblématiques figure la proposition de normes et standards énergétiques, l’élaboration de textes d’étiquetage et de contrôle, ainsi que la délivrance et le retrait de labels, certificats et attestations de performance énergétique.
L’Agence sera chargée de contrôler la conformité énergétique des équipements, installations et bâtiments soumis à obligation, de proposer des mesures correctives et de conduire le programme national d’efficacité énergétique. Elle coordonnera les actions de réduction de la consommation dans les infrastructures publiques et privées, ainsi que dans les collectivités et services administratifs.
Le texte lui confie aussi la responsabilité d’appuyer la mise en place de mécanismes incitatifs et financiers (subventions, instruments fiscaux, dispositifs de marché) favorisant l’efficacité énergétique, de mobiliser et canaliser les financements climatiques et fonds verts, et d’accompagner le montage technique et financier de projets nationaux. L’AME participera également à la définition de la politique tarifaire afin d’encourager les économies d’énergie.
L’Agence assurera la collecte, le traitement et la diffusion des données énergétiques nationales, produira indicateurs et bilans périodiques, et supervisera les audits énergétiques, obligatoires et volontaires. Elle devra conduire des campagnes de sensibilisation, de formation et de renforcement des capacités pour les acteurs publics et privés, et favoriser le développement du marché des services énergétiques et des contrats de performance énergétique.
Le décret précise que l’organisation interne de l’AME sera proposée par le Directeur général et approuvée par le Conseil d’administration. Cette disposition laisse au futur management une marge d’initiative pour définir organigramme, directions techniques, modalités de contrôle et procédures opérationnelles.
La création de l’AME intervient alors que la Guinée, comme d’autres pays de la région, cherche à concilier sécurité d’approvisionnement, maîtrise des dépenses publiques et réduction des émissions. En théorie, une agence dédiée doit permettre d’accélérer la mise en place de mesures concrètes, rénovation des bâtiments publics, audits énergétiques, incitations pour l’efficacité dans l’industrie et les services et d’attirer des financements climatiques. Reste à voir la rapidité de sa montée en puissance, la clarté de ses relations avec les opérateurs du secteur et la disponibilité des moyens financiers et humains.
La nomination du Directeur général, la composition du Conseil d’administration et la publication des textes d’application seront les premières étapes à suivre. Leur contenu déterminera la capacité effective de l’AME à transformer les ambitions inscrites dans le décret en actions mesurables sur le terrain.
Smarboy pour Billetdujour.com




































