“M. Aboubacar Diakité, vous le savez très bien, a été condamné par le tribunal criminel de Dixinn depuis le 31 juillet 2024. Mais un condamné a des droits, des droits qui lui sont reconnus par les lois de la République. Un condamné, lorsqu’il a une situation qui nécessite son déplacement, il doit se faire sous escorte, le législateur Guinéen, dans notre code de procédure pénale, a aménagé la possibilité pour un condamné de solliciter une autorisation de sortie sous escorte.

C’est un droit qui lui est reconnu”, a introduit Me Lanciné Sylla, l’un des conseils d’Aboubacar Diakité, alias Toumba Diakité, interné à la Maison Centrale de Conronthin/Conakry.

À l’en croire, un auxiliaire de justice aurait adressé une demande afin qu’il puisse être conduit devant le collège des médecins à la Cour suprême :

“Celui qui était dans ce dossier bien avant M. Kourouma et moi-même, cet avocat n’a pas manqué d’adresser à M. le directeur de l’administration pénitentiaire une demande dans ce sens pour que M. Aboubacar Diakité puisse se présenter devant le collège médical multidisciplinaire des médecins. Celui-ci, pars heureux, a transmis cette demande au ministre de la Justice pour compétence, croyant que celui-ci serait compétent. Le ministre de la justice reçoit la lettre qui lui a été transmise et attend la dernière minute, la veille, pour adresser un courrier-réponse à l’avocat en question. En lui décrivant son incompétence, en disant qu’en la matière, c’est la Chambre criminelle qui serait la juridiction compétente… Mais ce que le ministre ne dit pas dans ce courrier, c’est que depuis cette déclaration d’appel, qui aurait dû être examinée dans un délai de trois mois, à compter de la lettre d’appel, jusqu’à présent, rien n’a pas été examiné. De 2024, nous tendons vers 2026. Cette affaire n’a pas été examinée. En d’autres termes, la Chambre criminelle n’a pas encore évoqué cette affaire.

Cette affaire n’a pas encore été inscrite au rôle de la chambre criminelle. Alors, quelle compétence peut-on, dans cette condition, reconnaître au président d’une juridiction qui n’est même pas encore saisie ? Mais il oublie que le législateur a prévu des institutions et qu’en la matière, le juge qui est compétent pour entreprendre une ordonnance portant autorisation de sortie sous escorte, c’est bien le juge de l’application des peines”, a-t-il soutenu.

Plus loin, Me Sylla d’indiquer ceci : “s’il y a un candidat qui, dans le cadre des exigences relatives à l’organisation de l’élection présidentielle, qui devrait quitter son lieu de détention pour se rendre devant le conseil médical institué par la Cour suprême, s’il n’a pas pu le faire. A qui doit-on en imputer la responsabilité ? C’est à l’État, c’est au ministre de la Justice.”

Faut-il le rappeler, c’est Yaya Kaïraba Kaba qui se trouve actuellement le ministre de la Justice et des droits de l’homme du gouvernement de la transition.

A-Tchol pour Billetdujour.com