À Ouagadougou, ce 25 mai 2026, le président en exercice de la Confédération des États du Sahel (AES), le capitaine Ibrahim Traoré, a reçu l’émissaire de la CEDEAO, l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, dans le cadre d’échanges présentés comme constructifs. Au centre des discussions : l’avenir des relations entre l’AES et l’organisation sous-régionale ouest-africaine, alors que les tensions politiques et institutionnelles restent vives entre les deux blocs.

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une profonde recomposition géopolitique en Afrique de l’Ouest. D’un côté, la CEDEAO cherche à préserver son unité et son rôle d’intégration régionale. De l’autre, l’AES, formée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, entend affirmer sa souveraineté et définir de nouvelles bases de coopération avec ses voisins.

Selon des sources proches des échanges, les deux parties auraient abordé plusieurs dossiers sensibles, notamment la libre circulation des personnes et des biens, la sécurité collective, la coopération économique, ainsi que les modalités d’un futur cadre de dialogue entre les deux organisations. L’objectif affiché serait d’éviter une rupture durable et de maintenir un canal de négociation ouvert malgré les divergences de fond.

La présence de Lansana Kouyaté à la tête de la délégation de la CEDEAO traduit une volonté de dialogue politique dans un dossier particulièrement délicat. Diplomate chevronné et ancien chef de gouvernement, il apparaît comme une figure capable de porter une médiation pragmatique dans un environnement régional sous tension.

Pour les autorités de l’AES, l’enjeu est de taille. Il s’agit de faire reconnaître la nouvelle réalité politique de la sous-région tout en défendant une ligne de fermeté sur la souveraineté, la sécurité et le choix des alliances stratégiques. Pour la CEDEAO, il est question de préserver l’espace communautaire et d’éviter un isolement définitif des pays de l’AES.

Au sortir de ces entretiens, le ton semble rester mesuré, mais l’ouverture du dialogue est perçue comme un signal important. Elle pourrait annoncer une phase de négociations plus structurées sur les relations futures entre l’AES et la CEDEAO, dans une région où les équilibres politiques demeurent fragiles.

A-Tchol pour Billetdujour.com