L’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté voit son étoile pâlir dans l’arène politique nationale, mais Abuja (Nigéria/siège CEDEAO) lui offre une bouée de sauvetage. Nommé le 25 mars « Chef des Négociateurs » avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES – Mali, Burkina Faso, Niger), l’éminent diplomate tente de rebondir sur la scène sous-régionale, loin des soubresauts de Conakry.
Figure historique de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) où il a servi comme Secrétaire exécutif de 1997 à 2000, Kouyaté peine à retrouver son souffle en Guinée. Marginalisé depuis la junte au pouvoir en 2021, sa formation politique : Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), stagne dans les sondages des intentions de vote pour les législatives à venir. Ses tentatives de médiation lors des tensions post-coup d’État ont été éclipsées par les généraux de la transition, et ses critiques récurrentes contre le retard de la transition démocratique n’ont pas mobilisé les foules.
« Kouyaté incarne un leadership d’hier, dépassé par la génération des colonels », analyse un observateur politique guinéen.
C’est dans ce contexte de perte de vitesse que la CEDEAO lui confie une mission cruciale : renouer le dialogue avec l’AES, qui a claqué la porte de l’organisation en janvier 2024 pour protester contre les sanctions post-putschs. Confirmant sa nomination lors d’une confidence à l’Agence de Presse Africaine (AES) le 25 mars, Kouyaté mise sur son expertise panafricaine pour apaiser les tensions. « C’est une opportunité de servir la paix régionale sans les chaînes de la politique partisane », aurait-il déclaré.
Cette nomination apparaît comme une porte de sortie élégante pour le septuagénaire. Elle lui permet de capitaliser sur son CV impressionnant, de la présidence de la Commission de la CEDEAO à ses rôles à l’ONU et à l’Union africaine, tout en évitant l’oubli total en Guinée.
Pour la CEDEAO, c’est un atout stratégique : Kouyaté connaît les griefs des juntes sahéliennes et pourrait éviter une fracture irréparable en Afrique de l’Ouest, menacée par l’influence russe croissante.
Reste à savoir si cette reconversion diplomatique relancera vraiment sa carrière ou scellera son retrait définitif de la politique guinéenne. En attendant, elle illustre la fluidité des carrières en Afrique : d’un Premier ministre contesté à un négociateur régional incontournable.
A-Tchol pour Billetdujour.com

![L’UNION AFRICAINE FERME LA PORTE À LA CANDIDATURE DE MACKY SALL À L’ONU [RAISONS]](https://billetdujour.com/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260328-WA0000-218x150.jpg)



































