Face à une crise de liquidité qui paralyse l’économie guinéenne depuis des mois, Ousmane Gaoual Diallo, porte-parole du gouvernement, a tenté de rassurer l’opinion publique jeudi. Mais ses déclarations, loin de dissiper les inquiétudes, ont révélé des faiblesses criantes dans la communication officielle, entre chiffres impressionnants et déni de la réalité quotidienne.

Lors d’une intervention médiatique au porte-parolat, le ministre des Transports, porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo a vanté une « mobilisation de très grande envergure, inédite dans notre pays ». Il a opposé les 66 milliards de francs guinéens injectés dans les banques au premier trimestre 2025 à près de 908 milliards sur la même période en 2026 « près de 1 000 milliards », a-t-il insisté. « C’est quelque chose d’étonnant », a-t-il lancé, interpellant ceux qui persistent à dénoncer les difficultés d’accès au cash.

Pourtant, cette rhétorique optimiste tranche violemment avec la réalité sur le terrain. À Conakry et dans plusieurs localités, les files d’attente devant les guichets bancaires s’allongent, les retraits sont rationnés et les opérateurs économiques tirent la sonnette d’alarme. « Cette crise de cash commence à être embêtante pour chacun d’entre nous », a même reconnu le porte-parole, une admission qui mine d’emblée ses propres assurances.

Comment justifier qu’un afflux massif de liquidités, multiplié par plus de treize n’ait aucun impact visible sur la circulation de l’argent ?

Cette dissonance expose les limites de la stratégie gouvernementale : des chiffres bruts, sans explication sur leur distribution effective ni sur les goulets d’étranglement persistants, comme la défiance des banques ou les fuites vers l’informel. Les populations, lassées des promesses, expriment une incompréhension grandissante. « On nous parle de milliards débloqués, mais nos poches restent vides », résume un commerçant de Ratoma.

En se contentant de mesures « considérables » sans calendrier précis ni garanties de résolution, Ousmane Gaoual Diallo rate l’occasion de restaurer la confiance. La crise, qui freine la consommation et menace la croissance, appelle des réponses plus concrètes que des comparaisons flatteuses. Le gouvernement saura-t-il passer des annonces aux actes ?

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