L’Union africaine (UA) a officiellement rejeté la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, via une note du 27 mars. Ce revers diplomatique, survenu à quelques jours de la date butoir du 1er avril fixée par l’Assemblée générale de l’ONU, met en lumière des divisions profondes au sein du continent. 

Rupture de la procédure silencieuse

Le principal motif du refus réside dans l’échec de la procédure d’approbation silencieuse à l’UA. Vingt États membres sur 55, dont le Sénégal lui-même, ont rompu ce processus en exprimant des objections formelles.

 Sans consensus panafricain, traditionnellement exigé pour les candidatures continentales à des postes onusiens, le projet de décision soutenant Macky Sall n’a pas été adopté par la Commission de l’UA.

Cette division interne révèle une incapacité à rallier une majorité, malgré les efforts initiaux impulsés par des figures comme le président burundais Évariste Ndayishimiye.

Absence de soutien national du Sénégal

Un handicap majeur : le manque d’appui explicite des autorités sénégalaises actuelles. Macky Sall avait conditionné sa candidature à l’aval du président Diomaye Faye, dans une lettre envoyée en février, soulignant des sollicitations de « pays amis ».

Le Sénégal s’est finalement désolidarisé, priorisant sa souveraineté nationale face à une UA perçue comme intrusive. Ce désaveu domestique, couplé à un contexte post-électoral tendu au Sénégal, a sapé la légitimité africaine de Sall, rendant son profil panafricain inopérant.

Contexte politique et timing serré

Au-delà des blocages procéduraux, des critiques sous-jacentes pèsent : un héritage présidentiel entaché par des accusations de répression et d’atrocités lors de son mandat (2012-2024). Ces ombres, alliées à un calendrier extrêmement resserré pour succéder à António Guterres, ont amplifié les réticences. Bien que l’entourage de Sall minimisât l’échec en évoquant des « retraits d’objections » et une campagne persistante, l’UA a clairement fermé la porte à un soutien collectif.

Séparé Yôgbô pour Billetdujour.com