Au cours de la session plénière du Conseil National de la Transition, ce mardi 31 mars, N’Gouamou Fabara Koné, rapporteur de la Commission du Plan, des Affaires Financières et du Contrôle Budgétaire, a présenté le rapport relatif au projet de Loi de Finances Initiale (LFI) 2026. Ce document trace les grandes lignes de l’équilibre budgétaire de l’État pour l’exercice à venir.

Le rapport fixe les dépenses de l’État pour 2026 à 64 181,36 milliards de francs guinéens, en progression de 18,30% par rapport à la Loi de Finances Rectificative 2025 (54 253,26 milliards), soit environ 15,98% du produit intérieur brut. Ces dépenses se répartissent entre un budget général de 61 755,12 milliards et des budgets d’affectation spéciale de 2 426,24 milliards.

Les dépenses courantes restent majoritaires dans la structure budgétaire. Le Fonds National de Développement Local (FNDL) est porté à 1 171,39 milliards (+46,63%), le Fonds Commun de l’Éducation (FCE) à 215,02 milliards (‑4,80%), le Fonds d’Investissement Minier (FIM) à 390,46 milliards (+46,62%), et le Fonds de Développement des Communes de Conakry (FODECCON) à 649,37 milliards (+30,86%).

Les dépenses de personnel sont chiffrées à 12 501,90 milliards, une hausse de 10,29% qui reflète à la fois les nouveaux recrutements et la mise en œuvre des engagements sociaux du gouvernement. Les charges financières de la dette, évaluées à 4 764,85 milliards, bondissent de 57,20% par rapport à 2025, tandis que les dépenses de biens et services augmentent légèrement de 150,92 milliards.

Pour financer ces charges, l’État dispose de ressources propres de 35 537,06 milliards, soit 57,55% du budget général. Elles se composent de 11 597,38 milliards de ressources internes et de 22 532,35 milliards de ressources extérieures, ces dernières affichant une hausse spectaculaire de 190,42%. Cette structure se traduit par un déficit budgétaire de 8 323,27 milliards, soit 2,1% du PIB, intégralement couvert par des opérations de financement.

En matière d’investissement, les crédits atteignent 9 486,91 milliards, dont 3 000 milliards destinés à la subvention au prix de l’électricité. L’accent est mis sur les projets structurants du programme Simandou 2040, ainsi que sur les secteurs sociaux de base, l’agriculture et les infrastructures.

La Commission formule plusieurs recommandations pour renforcer l’efficacité et la cohérence des dépenses. Elle préconise de mieux soutenir les industries culturelles et créatives, de rationaliser les subventions accordées à l’Énergie du Guinée (EDG), de renforcer les services hospitaliers et l’équipement sanitaire, de finaliser les infrastructures liées aux fêtes tournantes et aux pistes rurales, de procéder à l’apurement de la dette intérieure et de rétablir la rétrocession effective des ressources dévolues aux collectivités locales.

Elle insiste également sur la nécessité d’accélérer la relance des unités industrielles, de renforcer la sécurité et l’équipement de la protection civile, d’améliorer la performance budgétaire des établissements publics et de moderniser le système bancaire et de paiement électronique afin de réduire les tensions et promouvoir l’inclusion financière.

Enfin, le rapport met en avant l’importance de développer les micro‑barrages, de garantir l’électrification des localités situées aux abords des barrages de Kaléta, Souapiti et Amaria, et de renforcer les capacités d’exécution des projets dans tous les secteurs pour optimiser l’utilisation des crédits budgétaires.

A-Tchol pour Billetdujour.com