La Guinée entre dans une nouvelle ère politique dominée par la mouvance présidentielle, avec la GMD (Génération pour la Modernité et le Développement) qui s’impose largement dans 40 circonscriptions communales sur 49 déjà comptabilisées, selon les résultats provisoires partiels publiés par la Direction générale des élections.
La domination écrasante de la mouvance présidentielle
La GMD confirme sa suprématie sur l’échiquier politique national à l’issue des élections communales du 31 mai 2026 couplées aux législatives. Dans plusieurs collectivités locales, les candidats de la GMD ont obtenu des scores confortables, consolidant leur position dans la gestion des exécutifs communaux.
Victoires significatives dans l’intérieur du pays
À Porédaka (préfecture de Mamou), la GMD s’est largement imposée avec 6 661 voix et 21 sièges sur 23 à pourvoir, contre seulement 941 voix et 2 sièges pour le RDP. À Koundou (préfecture de Guéckédou), la formation a enregistré une victoire écrasante avec 11 642 voix et 20 sièges, avec un taux de participation exceptionnel de 95,49%.
La GMD est également arrivée largement en tête dans plusieurs autres localités : Bintoumodia (Boké), Yemberen (Mali), Kouré Mali (Siguiri), Gaya (Mali), Consitel (Gaoual), Niangara (Mamou) et la commune urbaine de Mali.
Le FRONDEG : principale force d’opposition mais en position difficile
Le Front pour la Renaissance nationale et le développement (FRONDEG), dirigé par l’ancien ministre Abdoulaye Yéro Baldé, se classe parmi les principales forces de l’opposition. Le parti a connu un parcours chaotique avant le scrutin : il avait initialement annoncé son retrait le 2 mai 2026, dénonçant des irrégularités et le rejet de ses candidatures, avant de revenir officiellement dans la course le 11 mai 2026 après des avancées juridiques.
Malgré ce retour, le FRONDEG reste nettement derrière la GMD dans la plupart des circonscriptions, se contentant de s’accrocher dans quelques localités.
Le contexte unique : dissolution de 40 partis d’opposition
Le paysage politique guinéen a été transformé radicalement par la dissolution de 40 partis politiques d’opposition en mars 2026, dont trois grandes formations historiques :
RPG Arc-en-Ciel (parti d’Alpha Condé)
UFDG (parti de Cellou Dalein Diallo, ex-Premier ministre)
UFR (parti de Sidya Touré, ex-Premier ministre)
Cette décision du gouvernement de la transition a dépouillé l’espace politique de ses opposants historiques, avec trois leaders en exil. Le régime se trouve ainsi en position de force pour les élections législatives, locales et sénatoriales.
La participation : un taux respectable mais contrasté
Les statistiques de la DGE affichent des niveaux de mobilisation relativement élevés avec plus de 60% de participation dans plusieurs circonscriptions.
Porédaka se distingue avec 79,76%, l’un des taux les plus élevés, tandis que Selouma (Dinguiraye) enregistre la participation la plus faible avec 49,32%. Près de 6,9 millions d’électeurs étaient inscrits dans 23 679 bureaux de vote à travers le territoire national.
La GMD : seule formation présente sur tout le territoire
Un constat s’impose : la GMD est la seule formation à avoir présenté des candidats dans les 50 circonscriptions électorales du pays. Aucun autre parti ou coalition n’atteint ce niveau de couverture territoriale, ce qui explique en partie sa domination.
Vers une Assemblée nationale majoritairement présidentielle
Ces résultats partiels interviennent après que près de 7 millions d’électeurs guinéens se sont déplacés pour ce double scrutin législatif et communal, présenté comme une étape vers le retour à l’ordre constitutionnel cinq ans après le coup d’État de 2021.
La configuration politique qui émerge laisse entrevoir une Assemblée nationale majoritairement contrôlée par la mouvance présidentielle, consolidant le pouvoir du général Mamadi Doumbouya, élu président avec 86,72% des voix en décembre 2025 pour un mandat de sept ans.
Enjeux pour le nouveau paysage politique
Le président Doumbouya devra désormais répondre aux attentes en matière de réconciliation nationale, respect des libertés fondamentales et restauration de la confiance démocratique dans un pays encore marqué par des décennies d’instabilité politique.
Avec une opposition affaiblie et fragmentée, le défi principal sera de légitimer ce nouveau régime post-transition aux yeux de la population guinéenne et de la communauté internationale.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































