Le Bloc libéral (BL) et la Coalition pour la Rupture (CPR) ont tenu une conférence de presse explosive sur le contentieux électoral, au cours de laquelle le Dr Lansana Faya Millimono, président d’honneur du BL, a qualifié les élections récentes de « plus catastrophiques de l’histoire politique de Guinée ». Selon lui, des manipulations ont été opérées dès les bureaux de vote et jusqu’à la centralisation des résultats, détruisant la transparence du processus.
Le président d’honneur du BL a révélé que lors des dernières élections à Conakry, des documents essentiels, notamment les conseils verbaux (procès-verbaux de dépouillement), manquaient dès la matinée. Alors qu’ils devaient être envoyés à 16 h dans les bureaux de vote, certains ont été « acheminés par hélicoptère à 2 h du matin, le jour même des élections ». Il a illustré : « Imaginez que les procès verbaux soient acheminés à N’Zérékoré le dimanche 31, le lundi 1er à 2 h du matin, avec d’autres destinations à Beyla, Youmou, Lola, Guékédou, Macenta… À quel moment peuvent-ils être sur place pour enregistrer les résultats ? » Un manque de transparence flagrant, selon lui.
Millimono a expliqué que le BL n’a obtenu que 202 procès-verbaux de centralisation sur 495 provenances, laissant ainsi 174 circonscriptions communales sans données. « Le chiffre de 67 000 voix soustraites au BL ne concerne ni la totalité des circonscriptions, ni même les votes à l’extérieur », a-t-il souligné.
Grâce au tirage au sort prévu par la loi, le BL a obtenu 68 assesseurs, contre 26 pour les autres entités, et a pu solliciter des collègues pour partager leurs procès-verbaux, permettant cette collecte partielle.
Le Dr Millimono a pointé des cas « magiques » de la Direction Générale des Élections (DGE) : « Dans une sous-préfecture, un candidat a obtenu 2 500 voix sur le PV de centralisation, mais seulement 1 000 voix au niveau national ». Plus choquant : « Dans un procès-verbal, 24 candidats ont eu 0 voix, lui seul 2 500 ».
Il a également révélé des bureaux de vote où aucun vote n’a eu lieu, mais où les feuillets ont été remplis artificiellement : « 445 inscrits, 439 votants, 6 dérogations, 1 nul… On arrive à 441/445. C’est ainsi que le taux de participation a augmenté de façon exagérée ».
Millimono a insisté sur le rôle de la Cour suprême : « Lorsqu’un procès-verbal est signé, une copie est envoyée directement à la Cour suprême. Elle est capable de ressortir la vérité des urnes ». Il a encouragé la Cour à vérifier toutes les copies de procès-verbaux remontées et à déceler la manipulation entre les PV des bureaux de vote et ceux de centralisation.
En conclusion, le président d’honneur du BL a déclaré : « Ces élections sont les plus catastrophiques de l’histoire politique de Guinée. Nous encourageons la Cour à veiller au respect de la souveraineté populaire, car il s’agit de ceux qui décideront comment dépenser l’argent public ».
Le BL et la CPR ont annoncé qu’ils partageront des documents vérifiables avec la presse et la Cour, affirmant que « si toutes nos voix sont prises en compte, nous pourrions avoir plus de 250 000 voix », avec près de 300 circonscriptions encore à débrouiller.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































