Le président Mamadi Doumbouya a signé la convocation inaugurale de l’Assemblée nationale de la neuvième législature, ouvrant officiellement une étape cruciale pour la vie politique guinéenne. Après une période transitoire marquée par des ruptures institutionnelles et un regain d’attentes citoyennes, la nouvelle assemblée est attendue sur des dossiers majeurs : restauration de l’État de droit, adoption de réformes institutionnelles, lois économiques pour relancer la gouvernance, et contrôle du gouvernement.
Les premiers jours seront déterminants. Au-delà des discours d’usage, le choix du président de l’Assemblée nationale, le fameux « perchoir », cristallise les espoirs et les inquiétudes. Cette présidence doit à la fois garantir l’indépendance du Parlement, faciliter le dialogue entre l’exécutif et l’opposition, et renforcer la confiance des citoyens.
Enjeux d’un pouvoir législatif fort et crédible
Contrôle démocratique : vérifier l’action gouvernementale, exiger comptes et transparence, notamment sur les finances publiques et la transition.
Législation structurante : adopter des lois sur la justice, la réconciliation nationale, la décentralisation et les investissements.
Rééquilibrage des pouvoirs : jouer son rôle de contrepoids face à l’exécutif pour éviter la concentration du pouvoir.
Légitimité populaire : traduire les attentes sociales (emploi, sécurité, services publics) en politiques publiques concrètes.
Image internationale : rassurer les partenaires et bailleurs en montrant une institution parlementaire stable et prévisible.
Qui faut-il porter au perchoir ?
Le président de l’Assemblée nationale doit réunir plusieurs qualités :
Indépendance crédible par rapport à l’exécutif, ou du moins capacité à dialoguer sans être inféodé.
Autorité et expérience parlementaire ou institutionnelle, pour diriger les débats et garantir le respect des règles.
Neutralité relative, acceptée par une majorité large et par l’opposition, afin d’éviter blocages.
Bonne réputation d’intégrité et d’impartialité, pour renforcer la confiance citoyenne.
Capacités de médiation, pour porter des dossiers sensibles (réformes constitutionnelles, commissions d’enquête).
Potentiels candidats (profil politique et raisons)
Figure consensuelle issue de l’ancienne classe politique modérée : un député expérimenté, reconnu pour son sens du compromis et sans passé de polarisation extrême. Avantage : acceptation plus large de l’opposition et de la société civile.
Un cadre technocrate avec expérience institutionnelle (ancien ministre, haut fonctionnaire) passé à l’Assemblée : apporte compétence juridique/administrative et image de sérieux.
Une personnalité issue de la société civile ou du monde académique élue députée : symbolise rupture et renouvellement, renforçant la crédibilité démocratique si elle a expérience de gouvernance.
Un représentant régional équilibré (provenant d’une zone sous-représentée) : pour apaiser les tensions territoriales et améliorer la cohésion nationale.
Candidat soutenu par la majorité présidentielle mais perçu comme indépendant : solution pratique si la majorité veut efficacité sans heurts, à condition que l’indépendance soit prouvée par les actes.
Pour la crédibilité de la 9e législature : qui porter ?
Recommandation synthétique : favoriser une personnalité consensuelle, indépendante et expérimentée, capable de rassurer l’opposition et la société civile tout en travaillant efficacement avec l’exécutif. Trois profils précis seraient les plus crédibles :
Un parlementaire expérimenté, connu pour son intégrité et ses capacités de modération. Ce profil réduit les risques de contestation interne et favorise l’appropriation des réformes. Idéal si l’objectif est stabilité et continuité des procédures parlementaires.
Un élu issu de la société civile ou du monde universitaire, reconnu nationalement pour son impartialité et son expertise (droit constitutionnel, gouvernance). Ce choix enverrait un signal fort de renouveau et de sérieux institutionnel, utile pour restaurer la confiance nationale et internationale.
Un ancien haut fonctionnaire ou magistrat devenu élu parlementaire, combinant compétence juridique et neutralité perçue. Ce profil est bien placé pour encadrer des réformes judiciaires et institutionnelles.
Illustration : choisir, par exemple, une voix reconnue pour son indépendance, même si soutenue par la majorité, qui a pris par le passé des positions prudentes face aux excès de l’exécutif, et qui entretient des liens de confiance avec les principaux groupes parlementaires et la société civile. Ce compromis maximise la crédibilité tout en permettant une gouvernance efficace.
Points de vigilance
Éviter un nom trop marqué politiquement ou trop lié à une faction, sous peine de paralysie ou de rejet populaire.
Assurer transparence du processus de nomination et des modalités de vote pour éviter accusations d’opacité.
Mettre en avant des garanties institutionnelles (règles de transparence, comités indépendants, publication des déclarations de patrimoine) pour asseoir la confiance.
La convocation de la neuvième législature est une fenêtre d’opportunité pour reconstruire des institutions crédibles. Le perchoir doit être occupé par une personnalité qui combine autorité, impartialité et capacité de dialogue, c’est la condition pour qu’un Parlement renouvelé devienne un moteur réel de la stabilité et de la réforme en Guinée.
Smarfi pour Billetdujour.com





































