GOUVERNANCE/CRISE: CE QUE LE FMI CONSEILLE A L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE !

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Dans le cadre de la présentation des perspectives  économiques régionales du premier semestre 2022 pour l’Afrique subsaharienne,  le Fonds Monétaire International (FMI) a initié une rencontre ce jeudi 16 juin  dans  l’amphithéâtre Djibril Tamsir Niane de l’Université Général Lansana Conté de  Sonfonia-Conakry (UGLC-SC).  « Un choc de plus avec moins de possibilité » a été le thème choisi. 
La crise causée par la Covid-19,  les conséquences de la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui se font sentir au niveau des prix du pétrole, des denrées alimentaires, de l’énergie , le terrorisme… et les mesures à prendre pour limiter les dégâts en Afrique Subsaharienne ont été entre autres débattus. 
Ont répondu à ce rendez-vous d’échanges le représentant du FMI en Guinée,  de la Banque centrale, de l’Union Européenne,  du PNUD, des encadreurs et étudiants des Sciences économiques  et de Gestion de l’UGLC-SC.
Introduisant les échanges, le Représentant résident du FMI en Guinée, Salifou Issoufou a indiqué que ce sont les résultats des analyses de leurs services sur les impacts de la guerre en Ukraine sur les économies de l’Afrique Subsaharienne y compris la République de Guinée.« C’est  un grand plaisir d’avoir présenté les perspectives économiques régionales de l’Afrique Subsaharienne aux étudiants de l’université Général Lansana Conté de Sonfonia. C’est la deuxième fois que je le fais. C’est une publication qui se fait chaque semestre après la publication, nous faisons une présentation en public », a situé le Représentant résident.
Cette année comme en 2019, poursuit-il  j’avais décidé de revenir présenté aux étudiants ces résultats .« Je suis très satisfait de  l’engouement, des questions pertinentes posées par les étudiants aussi bien économiques que sociales.»
Parlant de la complexité de la croissance , Salifou Issoufou a rappelé que bien avant le début de la guerre en Ukraine, les pays de l’Afrique Subsaharienne y compris la Guinée subissaient les impacts de la Covid-19 et voilà qui vient  le choc de la guerre en Ukraine avec la montée des prix de l’énergie ( pétrole, gaz) des denrées alimentaires et le resserrement de la politique monétaire en Occident qui complique les conditions de financement tout cela a impacté la croissance économique et l’inflation .«  Les  services ont revu à la baisse les provisions  de croissance non seulement pour la Guinée mais aussi d’une manière générale pour l’Afrique subsaharienne. Il est vrai  que pour l’Afrique Subsaharienne pour  cette année, les prévisions de croissance  restent à 3,8% mais  qu à même, ça cachent des aspects un peu particuliers  de beaucoup  pays. Par exemple, les pays importateurs du produit pétrolier  net empâtissent  beaucoup plus négativement  de ces chocs. Ils ont tendance un peu à bénéficier.  Il faudrait bien gérer au niveau des dépenses. Parce que  les subventions aux secteurs de l’énergie ont  tendance à peser sur le budget et faire en sorte que ces  retombées positives ne bénéficient pas à ces pays exportateurs de pétrole», a noté Salifou Issoufou.
Toujours pour  faire face à ces chocs au niveau des pays de l’Afrique Subsaharienne, le conferencier a soutenu que  :« Ces crises créent un  besoin énorme de venir en aide  aux populations les plus vulnérables. Et, pour cela, dans un contexte difficile, l’Etat fait face un contexte vraiment difficile. Les recettes ont baissé par rapport à ce qui était prévu initialement. Il faudrait bien cibler les dépenses vers les ménages les plus vulnérables à travers  les transferts monétaires directs , les compus scolaires.  Il est vrai que nous  sommes en période de vacances  mais ces situations de vulnérabilité, d’insécurité alimentaire risqueraient de perdurer  jusqu’à après les récoltes.  C’est pourquoi, il faudrait songer à dépenser beaucoup plus dans les cantines scolaires et peut-être aussi au niveau du transport, venir en aide aux populations à travers des subventions. Les populations  de intérieur également doivent  en bénéficier.  Les difficultés au niveau des dépenses,il faudrait  peut-être reduire les dépenses qui ne sont pas prioritaires.»
Mobaillo Diallo pour Billetdujour.com
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