Le quartier de Nongo Tady, dans la commune de Lambanyi à Conakry, est en pleine ébullition. Depuis plusieurs semaines, un phénomène inhabituel et inquiétant secoue la population : des fissures de plus en plus importantes apparaissent sur la chaussée, dans les concessions, et même sur les bâtiments.
Aux abords du stade Petit Sory, le sol s’ouvre. Les fissures sont multidirectionnelles, évolutives et atteignent jusqu’à 8 cm d’ouverture à certains endroits. Ce n’est pas un détail. C’est une alerte.
La cause dévoilée : 17 forages sur 8 hectares tuent le sous-sol
Les spécialistes du ministère des Mines et de la Géologie ont déposé leur rapport technique. La conclusion est sans équivoque : les fissures sont la conséquence directe d’une exploitation intensive des eaux souterraines.
Le mécanisme : la subsidence
Les experts évoquent un phénomène géologique appelé « subsidence » : un affaissement progressif du sol provoqué par la diminution du volume des couches souterraines qui soutiennent naturellement le terrain.
« L’exploitation intensive des eaux souterraines pourrait entraîner une baisse significative de la pression dans les aquifères »
Ce qui se passe à Nongo Tady est précis : 17 forages d’eau concentrés sur seulement 8 hectares. Une densité insoutenable pour le sous-sol.
Facteurs aggravants : un « cocktail » dangereux
Le rapport technique identifie plusieurs facteurs qui accélèrent le désastre :
Ancienne carrière : présence d’une ancienne carrière de graviers dans la zone
Constructions sans études : implantation sans études préalables du sous-sol
Anarchie d’aménagement : non-respect des règles d’aménagement territorial
Saison des pluies : risque d’aggravation avec l’approche des fortes pluies
Dangers : « Nous avons peur pour nos maisons et pour nos familles »
Les risques ne sont pas théoriques. Ils sont déjà visibles :
Effondrement d’un bâtiment constaté le 30 avril 2026
Portions de goudron affaissées sur la chaussée
Clôtures endommagées et fragilisées
Habitations fissurées et lézardées
Signes d’affaissement des structures de plusieurs bâtiments
Risque d’effondrement supplémentaire avec les pluies
Face à cette réalité, les habitants n’ont plus que l’angoisse : « Nous avons peur pour nos maisons et pour nos familles ».
Ce que demande le ministère des Mines
Le rapport officiel du ministère appelle à quatre mesures urgentes :
Études approfondies : géotechniques, géophysiques et hydrogéologiques pour confirmer les mécanismes
Surveillance permanente : dispositif pour suivre l’évolution des mouvements du sol
Vigilance accrue : en attendant les résultats d’investigations complémentaires
Régulation de l’exploitation : meilleure gestion des eaux souterraines dans cette partie de la capitale
Une hypothèse alternative : le sismique ?
Un journaliste scientifique, Aboubacar Camara, avance une autre piste : celle d’une activité sismique de faible magnitude, suggérant qu’une faille traverse la zone.
Cependant, la conclusion officielle du ministère des Mines reste sur la subsidence liée aux eaux souterraines. La controverse est ouverte.
En bref : ce qui se joue à Nongo Tady
La surexploitation des aquifères (17 forages sur 8 ha) provoque un affaissement du sol (subsidence), créant des fissures évolutives jusqu’à 8 cm qui menacent la sécurité des habitations, avec un risque accru pendant la saison des pluies.
Le quartier de Nongo Tady ne s’ouvre pas seulement dans le sol. Il s’ouvre aussi sur une crise de régulation urbaine, de gestion des ressources et de prévention des risques.
Les autorités du pays ont déjà dépêché une équipe de l’Office national de géo-services sur les lieux. Mais la question reste : ce sera-t-il suffisant avant que le sol ne s’ouvre davantage ?
Votre quotidien suit l’évolution de cette situation et vous tiendra informé des prochaines mesures prises par les autorités.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































