Le bureau exécutif de l’Africa Aquatics Zone 2 est en visite de travail en Guinée, avec une mission claire : mobiliser le gouvernement et les partenaires autour d’un enjeu vital, la réhabilitation des infrastructures aquatiques et la structuration de la natation en Afrique de l’Ouest et centrale.

À la tête d’une délégation reçue à Conakry, le président d’Africa Aquatics Zone 2, Mamourou Bouarré, a expliqué avoir choisi la Guinée pour sa première sortie officielle après son élection en août 2026. Il a rendu hommage à la première vice-présidente de la zone, la Dre M’Bambé Sacko, présidente de la Fédération aquatique guinéenne, saluant « son abnégation » au service de la natation régionale.

« Élu grâce à l’engagement des autorités guinéennes, je ne pouvais réserver ma première visite qu’à la Guinée », a-t-il déclaré, rappelant le symbole historique du 2 octobre 1958, date à laquelle la Guinée est devenue la première république africaine à revendiquer sa souveraineté.

Le président Bouarré a tiré la sonnette d’alarme sur l’état des équipements aquatiques dans la sous-région. Selon lui, construire ou remettre aux normes une piscine olympique homologuée exige des investissements « de plusieurs milliards », alors que les États sous-estiment encore la valeur des sports aquatiques.

Son message est sans détour : la natation n’est pas seulement une discipline sportive, mais une compétence de survie. « On ne meurt pas parce qu’on ne sait pas jouer au football, mais on peut mourir parce qu’on ne sait pas nager », a-t-il lancé, faisant de cette phrase le cri de ralliement de la zone.

Le président de l’Unité d’intégrité d’Africa Aquatics et membre du bureau exécutif, Youssoufou Ahmadou, a annoncé une rupture avec les habitudes passées. Objectif affiché : ne plus se contenter de participer aux compétitions internationales sans revenir avec des médailles.

Pour y parvenir, il plaide pour une stratégie d’accompagnement « rigoureuse » des athlètes, des entraîneurs et de l’ensemble de l’écosystème sportif. « L’athlète doit être remis au cœur de la dimension managériale », a-t-il insisté.

Du côté guinéen, M’Bambé Sacko a confirmé que la piscine olympique connaît d’importants dysfonctionnements techniques. Elle appelle à une réhabilitation urgente, voire à une mise aux normes complète, pour permettre à Conakry d’accueillir des compétitions sous-régionales.

La présidente de la FAG a également souligné un constat régional préoccupant : seuls quelques pays, dont le Ghana, le Sénégal et le Nigéria, disposent aujourd’hui de plateaux techniques complets, tableaux électroniques, bassins multiples, capables d’organiser des championnats continentaux. Le Sénégal a d’ailleurs accueilli les championnats de Zone II en août 2026 à la piscine olympique nationale de Dakar.

La Fédération aquatique guinéenne réaffirme sa volonté de structurer la discipline, de multiplier les bassins d’entraînement de proximité et de renforcer la formation continue des techniciens, arbitres et juges locaux.

La délégation a ensuite été conduite sur les installations de la piscine Marocana, dans la commune de Dixinn, pour évaluer l’état des infrastructures disponibles dans la capitale. Une visite qui pourrait marquer le début d’une nouvelle dynamique pour la natation guinéenne à condition, préviennent les responsables, que les promesses se transforment rapidement en investissements.

A-Tchol pour Billetdujour.com