Tensions explosives en Afrique du Sud : alors que des vagues de xénophobie embrasent le pays, Julius Malema, leader charismatique des Economic Freedom Fighters (EFF), lâche une tirade incendiaire contre les violences anti-étrangers. « Je ne veux pas de vos voix si elles puent la haine ! », martèle-t-il, refusant catégoriquement tout vote taché de racisme.

Les faits sont glaçants. Depuis plusieurs semaines, des émeutes xénophobes secouent Johannesburg et Durban : boutiques nigérianes et zimbabwéennes pillées, migrants roués de coups, emplois « récupérés » par la force. Des centaines de blessés, des familles fuyant vers les églises pour s’y réfugier. Le motif ? La crise économique sud-africaine, avec un chômage à 33%, ravive les vieux démons post-apartheid.

C’est dans ce climat que Malema, figure controversée et éternel outsider présidentiel, s’est adressé à une foule enflammée. « Vous criez qu’ils volent vos jobs, vous fermez leurs shops, vous tabassez des innocents… Mais dites-moi : combien d’emplois avez-vous créés après avoir viré ces Nigérians ou Zimbabwéens ? », lance-t-il, amer.

Il poursuit, viscéral : « Dois-je aller dans une école pour virer un gamin qui me ressemble et lui dire qu’il ne mérite pas d’éducation ? Jamais ! Si c’est ça votre vote, gardez-le. Je refuse un mandat bâti sur la haine des Africains. Mieux vaut mourir la conscience propre ! »

Ces mots, prononcés lors d’un meeting de l’EFF, divisent. Pour ses partisans, Malema incarne l’unité panafricaine face à un ANC jugé impuissant. Ses détracteurs l’accusent de populisme : « Il parle bien, mais où est son plan économique ? », raille un porte-parole du gouvernement.

L’Afrique du Sud, berceau de Mandela, risque-t-elle de sombrer dans un tribalisme continental ? Les violences xénophobes, récurrentes depuis 2008 (plus de 100 morts), interrogent l’héritage arc-en-ciel. L’EFF grimpe dans les sondages pour 2027 : Malema pourrait-il transformer sa colère en victoire électorale ?

A-Tchol pour Billetdujour.com