L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) a tenu une conférence de presse, ce vendredi 17 avril à la Maison de la presse sur le thème « Droit à la réparation ». Organisée avec le Fonds Mondial des Survivants et la plateforme de coordination et de plaidoyer pour la réparation des victimes des violations graves des droits humains en Guinée, cette rencontre a permis à Mohamed Conté de rendre publique une déclaration forte réclamant justice pour des milliers de victimes.
Depuis l’indépendance en 1958, l’histoire sociopolitique guinéenne est marquée par des violations massives des droits humains, accumulant une dette immense envers les victimes. Ce droit élémentaire à réparation est inscrit dans les instruments internationaux et régionaux auxquels la Guinée est partie, comme le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l’homme, dans le cadre de la décennie d’action de l’Union africaine pour les réparations, la CEDAW ou le Statut de Rome.
Le nombre écrasant de victimes depuis 1958 dépasse les capacités judiciaires. Des avancées salutaires existent, comme le procès des événements du 28 septembre 2009, des indemnités partielles, les relocalisations des déguerpis de Kaporo Rail, Kipé 2 et Dimesse, ou le recasement des impactés de Souapiti. Mais la réparation va plus loin : elle inclut la reconnaissance des faits et préjudices, des excuses officielles, une réhabilitation médicale et psychologique, la restitution des droits et des garanties de non-répétition.
Issue des Assises nationales du 22 mars au 29 avril 2022, l’initiative d’avant-projets de loi et de décret sur les réparations administratives intègre ces dimensions. Co-élaborés par le ministère de la Justice et des droits de l’homme avec les survivants, la société civile et les partenaires, ces textes déjà examinés en conseil interministériel, attendent le Conseil des ministres puis le Conseil National de la Transition. Ils prévoient une Agence Nationale des Réparations, un registre unique des victimes, et des mesures spécifiques pour les plus vulnérables : survivants de violences sexuelles, personnes âgées, enfants nés de viols, avec un accès prioritaire à l’éducation et à l’inclusion communautaire.
Dans un contexte de volonté politique sous le Général Mamadi Doumbouya, cette procédure administrative accélérée, indépendante de la condamnation des auteurs, simplifie l’accès à des réparations standardisées et adaptées. Elle répond aux besoins urgents via des mesures provisoires, tout en restant soutenable pour l’État dont la responsabilité est de protéger ses citoyens.
Mohamed Conté a lancé un appel solennel au Président, décrit comme « père de la Nation » : « Derrière chaque victime, une vie brisée. Adopter cette loi centrée sur les victimes donnera un cadre légal clair aux engagements de l’État, transformera des vies, restaurera la confiance, favorisera la réconciliation et enverra un signal fort pour la justice. » La plateforme des associations de victimes, formée depuis septembre 2025, se tient prête à accompagner l’adoption et la mise en œuvre rapide de ces textes pour réparation et apaisement. « Nous sommes vos sœurs, vos frères, une famille. Aidez-nous afin que la réparation aboutisse », a-t-il conclu.
Dassassa pour Billetdujour.com




































