Les États-Unis accueillent aujourd’hui la première Critical Minerals Ministerial, un sommet historique présidé par le secrétaire d’État Marco Rubio au Harry S. Truman Building. Parmi les invités de marque, la Guinée, premier producteur mondial de bauxite et détentrice de vastes réserves de fer à Simandou, figure en tête des partenaires africains priorisés par Washington. 

Un enjeu stratégique face à la Chine

Cet événement réunit une quarantaine de délégations internationales, incluant des membres du G7, l’Australie, l’Argentine, le Brésil, la République démocratique du Congo (RDC) et le Kenya. L’objectif principal ? Diversifier les chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais critiques tels que le lithium, le cobalt, les terres rares, la bauxite et le cuivre. Ces ressources, essentielles à la défense nationale, aux technologies de pointe et à la transition énergétique, sont aujourd’hui dominées par la Chine, ce que les États-Unis entendent contester fermement. Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, ce sommet marque un pivot décisif dans la politique américaine envers l’Afrique : exit l’aide bilatérale traditionnelle, place au commerce stratégique et aux investissements massifs. Sous l’impulsion de l’administration Trump, réélu en novembre 2024, Washington courtise ouvertement les richesses minières du continent.

La Guinée en pole position

Conakry arrive les valises pleines d’ambitions. Leader mondial de la bauxite ingrédient clé pour produire l’aluminium utilisé dans les batteries de véhicules électriques et l’aéronautique, la Guinée vise à attirer des milliards de dollars d’investissements américains. Des leaders guinéens, dont des officiels du ministère des Mines, sont attendus pour signer des partenariats concrets, avec un accent mis sur la transparence, la durabilité environnementale et le transfert de technologies. Réduire la dépendance à Pékin, principal acheteur actuel de la bauxite guinéenne, est une priorité absolue. « Ce sommet offre à la Guinée une opportunité unique de se positionner comme pivot géostratégique », soulignent des sources proches du dossier. Le gisement de fer de Simandou, l’un des plus grands au monde, pourrait également devenir un atout majeur dans les négociations.

Vers un nouvel ordre mondial des ressources ?

Le succès de cette Critical Minerals Ministerial dépendra de la capacité des États-Unis à proposer des deals vérifiables et attractifs. Pour la Guinée, cela pourrait signifier un bond en avant économique, transformant le pays en acteur clé de la supply chain mondiale des minerais critiques. Reste à voir si les annonces d’aujourd’hui se concrétiseront en projets sur le terrain, loin des discours protocolaires. Ce rendez-vous intervient alors que la course aux terres rares s’intensifie en Afrique, avec des projets prometteurs en RDC et ailleurs. La balle est dans le camp des délégués : géopolitique ou business ? Les deux, espérons-le, pour un continent qui détient 30% des réserves mondiales de minerais critiques.

A-Tchol pour Billetdujour.com