Le reggae-man guinéen Dady Cool fait son retour en studio après douze années d’absence, une pause dictée par la maladie et les soins apportés à sa mère plutôt que par un désintérêt pour la musique. Dady Cool explique sans détour que ce long silence n’est pas né d’un désamour artistique mais d’un devoir filial : sa mère a été paralysée et, étant le proche resté en Guinée alors que ses sœurs vivaient en Europe, il a pris en charge tous les soins et la vie quotidienne, ce qui l’a éloigné des scènes et des studios. « Les mamans d’abord. La prière de nos mamans compte beaucoup », dit-il, rappelant que la foi maternelle a pesé plus que toute stratégie commerciale ou bénédiction publique.

Le quotidien des soins l’a contraint à suspendre sa carrière : il puisait l’eau, préparait les repas et restait à l’écoute à chaque appel « dès que je fais un pas, elle m’appelle Dady. Oui maman » et il a assumé ce rôle pendant environ douze ans.

Pendant cette période, le public le questionnait sans cesse sur son silence ; sa réponse a toujours été la même : il ne pouvait pas abandonner sa mère. Après de longues démarches, il a obtenu un billet d’avion et des soins pour elle aux États-Unis ; ces traitements lui ont permis de retrouver la santé, ouvrant la voie à la reprise de la carrière de son fils. Dady Cool se dit aujourd’hui de retour en studio « par la grâce de Dieu » et promet que son nouvel album sera bientôt disponible.

L’artiste précise que la volonté d’offrir un son reggae de qualité a aussi retardé la sortie de nouveaux titres : la sonorisation et le mixage sont pour lui essentiels au rendu final. Il explique avoir retravaillé et remixé certains morceaux pour intégrer des éléments nouveaux et profiter des techniques modernes de production, plutôt que de publier à l’identique. Son témoignage met en lumière le contraste entre obligations familiales et exigences d’une carrière artistique, et appelle le public à comprendre les responsabilités invisibles qui pèsent parfois sur les artistes.

A-Tchol pour Billetdujour.com