Une décision qui a suscité l’émoi dans la salle : sans détour, un ministre a ordonné l’exclusion immédiate des journalistes des médias privés venus couvrir une rencontre destinée à renforcer la coopération entre la Guinée et ses partenaires internationaux. Seule la Radio Télévision Guinéenne (RTG), média public, a été autorisée à rester sur place.

« Seule la RTG reste. Les autres, sans exception, sortez. On va vous envoyer les images », a lancé le ministre devant les diplomates et les professionnels de la presse privée, contraints de quitter les lieux.

La mesure, prise sans délai, a privé les rédactions privées d’un accès direct aux échanges. La RTG, média audiovisuel public national rattaché au ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, est ainsi restée la seule rédaction autorisée à relater la rencontre depuis la salle.

Pour les journalistes concernés, l’éviction soulève une question simple : comment informer les Guinéens lorsqu’un événement public impliquant des partenaires internationaux leur est fermé, au profit d’un seul média étatique ?

Une rencontre censée renforcer la coopération

Organisée pour favoriser des échanges sur des questions d’intérêt commun, la rencontre visait officiellement à consolider les relations de coopération entre la Guinée et ses partenaires internationaux. Paradoxalement, c’est précisément cette rencontre que la presse privée n’a pu observer qu’à distance.

L’épisode intervient dans un contexte déjà tendu pour les médias indépendants guinéens. Reporters sans frontières relève que les médias de service public bénéficient d’un accès prioritaire aux événements officiels et aux communications gouvernementales, au détriment des médias privés.

Au-delà du cas de cette rencontre, l’incident ravive les inquiétudes sur le pluralisme de l’information en Guinée. Des organisations de défense de la liberté de la presse ont déjà signalé des restrictions importantes depuis le début de la transition, notamment la censure de radios et de chaînes de télévision privées.

« On va vous envoyer les images » : la formule résume, aux yeux de nombreux professionnels, une conception de l’information où la couverture est déléguée, filtrée et contrôlée. Reste à savoir si les images promises suffiront à compenser l’absence des journalistes appelés à questionner, vérifier et rendre des comptes.

K’Gbôte pour Billetdujour.com