Au Tribunal criminel de première instance de Dixinn, la déposition de Mamady Soumaoro a donné un nouvel élan à l’accusation dans le dossier du massacre du 28 septembre 2009. Son témoignage, présenté comme central par le ministère public, semble avoir compliqué la stratégie de défense du colonel Bienvenu Lamah, désormais contraint de répondre à des accusations plus précises sur son rôle présumé dans cette affaire sensible.
Selon les éléments rapportés à l’audience, Mamady Soumaoro a affirmé avoir été arrêté sur instruction du colonel Lamah avant d’être conduit au camp de Kaléyah, où il dit avoir été détenu dans des conditions rigoureuses. Ces déclarations, jugées importantes pour la manifestation de la vérité, ont renforcé la thèse du parquet, qui voit dans ce récit un maillon clé pour établir les responsabilités présumées de l’officier dans les faits reprochés.
Pour la défense, ce témoignage a immédiatement nécessité une riposte plus offensive. Les avocats du colonel Lamah ont tenté de remettre en cause la crédibilité du témoin en pointant plusieurs zones d’ombre dans son récit, notamment sur les circonstances de son audition et sur certains éléments de son parcours militaire. Leur objectif est clair : affaiblir la portée probante de ses déclarations sans entrer dans une confrontation frontale qui risquerait de les confirmer davantage.
Cette ligne de défense traduit un changement de posture. Plutôt que de s’en tenir à une dénégation générale, les conseils du colonel Lamah cherchent désormais à démonter la fiabilité du témoin, en soulignant des contradictions et des incohérences supposées. Une stratégie qui montre combien la déposition de Mamady Soumaoro a déplacé le centre de gravité du débat judiciaire.
Sur le plan procédural, l’impact est déjà visible. La tentative de faire basculer Mamady Soumaoro du statut de témoin à celui de partie civile n’a pas prospéré, ce qui confirme que la Cour continue de considérer son audition comme un élément utile à l’instruction du dossier.
Pour le ministère public, son témoignage reste un appui solide dans la recherche de la vérité, d’autant plus qu’il est présenté comme ayant contribué à l’incarcération du colonel Lamah.
Dans cette affaire, chaque mot prononcé à la barre pèse lourd. La déposition de Mamady Soumaoro n’a pas, à elle seule, scellé le sort du colonel Bienvenu Lamah, mais elle a indéniablement renforcé la pression sur sa défense. En l’état, le témoignage oblige l’accusé à se battre sur deux fronts : contester les faits eux-mêmes et convaincre les juges que le témoin n’offre pas des garanties suffisantes de crédibilité.
L’audience montre ainsi que le procès du 28 septembre continue de se jouer autant sur les faits que sur la bataille des récits. Et dans ce combat judiciaire, la parole de Mamady Soumaoro apparaît désormais comme l’un des points les plus sensibles du dossier.
Smarboy pour Billetdujour.com





































