Le Gouvernement de la République de Guinée, à travers le ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, ainsi que l’Institut National de la Statistique (INS), a présenté, ce jeudi 2 juillet 2026, les principaux résultats de la Sixième Enquête Démographique et de Santé (EDSG‑VI 2024–2025), réalisée en collaboration avec le Bureau de Stratégie et de Développement du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP). 

Cette enquête nationale, portant sur environ 8 000 ménages et plus de 10 000 femmes et 4 224 hommes âgés de 15 à 59 ans, constitue, dit-on, un important outil d’aide à la décision permettant de disposer de données fiables et actualisées sur la situation démographique, sanitaire et sociale du pays.

Les thèmes couverts vont de la fécondité à la santé maternelle et infantile, la nutrition, le paludisme, le VIH/Sida, les maladies chroniques, l’accès à l’eau et à l’assainissement, l’éducation et l’autonomisation des femmes.

Les conclusions font état d’avancées notables : amélioration de la couverture des soins prénatals, hausse des accouchements assistés en structures sanitaires et recul de certains indicateurs de mortalité infantile. Mais l’étude met également en lumière des lacunes persistantes, notamment en nutrition infantile, vaccination, planification familiale, lutte contre le paludisme et accès équitable aux services de base, qui nécessitent, le renforcement des interventions.

Lors de la cérémonie de présentation,  plusieurs personnalités et partenaires ont salué la qualité du travail tout en appelant à faire vivre ces données dans les politiques publiques.

Diego Zorrilla, Coordinateur résident du Système des Nations Unies en Guinée, a souligné l’importance du travail collectif : « Je félicite chaleureusement le gouvernement et tout particulièrement le ministère du Plan, l’Institut national de la Statistique pour le leadership, la rigueur et la qualité du travail qui ont guidé la réalisation de cette enquête d’envergure nationale », a déclaré le Coordinateur résident du Système des Nations Unies en Guinée.

Il a rappelé que l’EDS fournit « des données fiables, récentes et désagrégées » indispensables pour cibler les investissements et « ne laisser personne pour compte ».

Diego Zorrilla a aussi insisté sur les défis structurels : « La malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans reste élevée… la mortalité néonatale demeure pratiquement inchangée… la prévalence des mutilations génitales féminines reste encore très élevée. »

De son côté, Marri Daschbach, chargé d’affaires de l’Ambassade des États‑Unis en Guinée, a salué l’enquête comme « un vrai outil de pilotage stratégique, un instrument de vérité et une boussole indispensable pour orienter vos politiques de santé publique ». Il a encouragé les autorités à « cibler géographiquement les interventions là où le fardeau des maladies est le plus lourd » et à « renforcer la santé communautaire » ainsi que les systèmes d’information sanitaire pour disposer de données en temps réel.

Issa Diaw, représentant de la Banque mondiale en Guinée, de rappeler pour sa part, la complémentarité entre recensement et enquête : « Le recensement nous indique combien nous sommes… L’EDS nous permet désormais de comprendre comment vivent les Guinéennes et les Guinéens, leur état de santé, les conditions dans lesquelles grandissent les enfants. » Il a ajouté que ces données renforcent la planification et permettent « d’identifier les territoires les plus vulnérables, de cibler plus efficacement les investissements publics et d’améliorer l’équité dans l’accès aux services essentiels. »

Puis, le Directeur général de l’INS, Dr Makan Doumbouya, a, à son tour détaillé la méthodologie et les innovations de l’EDS‑VI : « Nous avons développé… un questionnaire ménages, un questionnaire femmes, un questionnaire hommes et un questionnaire biomarqueurs. » Il a souligné les nouvelles thématiques intégrées à cette édition : hépatite B, hypertension, diabète, activité physique et les améliorations de la qualité des données, comme la photographie systématique des carnets de vaccination et le remesurage aléatoire de 10% des poids d’enfants.

Sur la couverture de l’enquête, Dr Doumbouya a précisé que « 7 979 ménages sélectionnés ont pu répondre au questionnaire, soit un taux de réponse d’environ 99% ».

La ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Kaïté Sall, a qualifié l’EDS de « baromètre de nos efforts » : « L’enquête démographique et de santé que nous validons aujourd’hui n’est pas qu’un recueil de données froides. Elle est le baromètre de nos efforts… » Elle a rappelé les progrès observés « la mortalité infantile a amorcé un recul encourageant, fléchissant de 67% en 2018 à 61% en 2025 » tout en alertant sur les effets des crises sanitaires successives : « Ebola, Covid‑19, fièvre de Lassa… ont perturbé la continuité de certains services essentiels et fragilisé davantage les populations les plus vulnérables. » Et de lancer un mot d’ordre pour l’action : « Chaque décision, chaque affectation de budget, chaque déploiement de personnel doit désormais être guidée par une obsession unique, sauver des vies,» a indiqué la ministre Sall.

Ismaël Nabé, ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, a rappelé que la donnée est au cœur de la transformation de la gouvernance : « On ne peut transformer efficacement que ce que l’on mesure avec précision. »

Il a salué l’engagement des ménages ayant participé à l’enquête et insisté sur la nécessité que les résultats servent de base à « décisions concrètes » et à l’orientation du programme Simandou 2040.

Le financement de l’EDSG‑VI 2024–2025 a été assuré par le gouvernement guinéen avec l’appui de partenaires techniques et financiers, en particulier la Banque mondiale, USAID, UNICEF, OMS, le Fonds mondial, UNFPA et d’autres agences.

Mettant un terme aux interventions, le Directeur de cabinet de la Primature, Dr Daouda Kamisoko, a clos la séance après les interventions des membres du gouvernement et des partenaires, en appelant à « l’appropriation de l’analyse approfondie » des résultats par les décideurs locaux, la société civile et les partenaires de développement.

La publication de l’EDS‑VI marque ainsi le démarrage d’une nouvelle phase : traduire ces données en politiques mieux ciblées, budgets sociaux renforcés et actions concrètes, pour faire progresser la Guinée vers les objectifs de développement durable et la vision Simandou 2040.

Richard TAMONÉ pour Billetdujour.com