La chambre des appels de la CRIEF a partiellement révisé la condamnation de l’ancien Premier ministre guinéen, Dr Ibrahima Kassory Fofana, dans une décision qui maintient la pression judiciaire sur l’ex-chef du gouvernement. Condamné à trois ans et neuf mois d’emprisonnement et à une amende de deux milliards de francs guinéens, il a été acquitté du chef de détournement de fonds publics, mais reconnu coupable d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent.
Cette décision relance désormais une question centrale : en dépit des pourvois en cassation introduits par les deux parties, Kassory Fofana va-t-il s’acquitter des amendes pour espérer bénéficier d’une issue plus favorable sur le plan de sa liberté ? Le dossier reste en effet suspendu entre la poursuite des recours et l’exécution des sanctions financières prononcées par la juridiction anti-corruption.
En plus de la peine privative de liberté et de l’amende, la chambre des appels a ordonné la saisie et la gestion par l’AGRASC des avoirs logés sur son compte « Épargne à vie » à la VISTAGUI SA. Sur le volet civil, l’ancien Premier ministre devra également verser trois milliards de francs guinéens de dommages et intérêts à l’État guinéen, en réparation des préjudices allégués.
Le cas Kassory Fofana demeure l’un des plus suivis de la CRIEF, tant pour son poids politique que pour les enjeux juridiques qu’il soulève. La révision partielle du jugement de première instance montre que la cour d’appel a retenu une ligne plus nuancée, tout en confirmant des infractions financières graves.
La question de sa liberté reste désormais liée à l’évolution des recours, mais aussi à l’exécution effective des sanctions pécuniaires. Dans ce type de dossier, le paiement des amendes et des dommages et intérêts ne garantit pas à lui seul une libération immédiate, mais il peut peser dans l’appréciation de la suite judiciaire.
Pour les observateurs, le point décisif sera la suite donnée au pourvoi en cassation. Si la procédure confirme la décision d’appel, Kassory Fofana restera confronté à l’ensemble des conséquences pénales et civiles de sa condamnation.
Le dossier illustre une nouvelle fois la fermeté de la CRIEF dans la répression des infractions économiques et financières. Il relance aussi le débat sur la place des amendes, des dommages et intérêts et de la stratégie judiciaire des anciens dignitaires poursuivis pour des faits présumés de corruption.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































